1947

Chemin de Croix [..] Chercher dans la Passion de Jésus le résumé de toute vie humaine. Et voir dans cette passion un moyen de pénétrer dans  «l’intérieur de Jésus ». Il est curieux que, parmi les souffrances de Jésus, le traditionnel découpage en 14 stations ne retient pas l’abandon des disciples et la trahison de Pierre. Les chutes de la croix ont un intérêt symbolique, car nos croix ont ce caractère d’être trop lourdes pour nous, mais elles ne sont pas dans l’Evangile où l’on voit, au contraire que Jésus est aidé à porter sa croix. Le voile de Véronique introduit un élément de prodige. Dans la passion, je ne puis voir la seule souffrance, je ne puis oublier que la résurrection est toute proche, et que le corps ici supplicié (comme l’ont senti plusieurs peintres), c’est le corps qui ne subira pas la corruption, qui doit déjà porter la marque de sa gloire. Jésus apparaît comme une victime sans tache, et ayant un corps d’athlète, devrais-je dire, un corps d’un homme de 33 ans, jeune, chaste. On a de la peine à penser que ce corps devienne le foyer de tant de supplices et qu’il soit ensanglanté. La passion, comme la messe, passe vite. Les épisodes tombent les uns sur les autres, ainsi que des dominos, sans que l’attention ait le temps de souffler. Saint Jean fait dire à Jésus parlant de Judas: «ce que tu fais, fais-le vite».

Jean Guitton.jpgJean Guitton, Journal de ma vie, 1. Présence du Passé 1912-1957, in Id., Œuvres  complètes. Desclée De Brouwer, Paris 1976, pp. 148-149.

Testo in italiano

Segnalato da Manu

 


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